
BRUIT
L’infrastructure du CERN est composée d’installations et d’équipements produisant des niveaux de bruit variables. L’Organisation gère son empreinte sonore grâce à un programme de surveillance, des processus de planification pour les nouveaux projets et, si nécessaire, la mise en œuvre de mesures d’atténuation, conformément à sa politique de réduction du bruit.
GÉRER L’EMPREINTE SONORE
La politique de réduction du bruit du CERN, publiée en 2019 en accord avec les autorités des États hôtes, est efficace et fait l’objet d’examens réguliers. À travers elle, l’Organisation s’engage à ne pas dépasser de plus de 3 dBA les niveaux de bruit de référence à ses abords. Ces niveaux ont été établis sur la base des mesures effectuées en 2018 (année d’exploitation de référence).
Dans le cadre de sa stratégie de gestion du bruit, le CERN effectue chaque année des mesures en 70 points, de jour et de nuit, afin de vérifier que les niveaux sonores respectent les limites fixées et la réglementation des États hôtes. Les niveaux moyens mesurés aux abords du CERN sont typiquement de 50 dBA le jour et de 45 dBA la nuit. Les rapports de mesures sont remis aux autorités locales et présentés au Comité tripartite sur l’environnement (voir Approche managériale).
L’environnement voisin du CERN est en constante évolution, de nouveaux bâtiments à usage résidentiel étant construits à proximité de certaines installations. L’Organisation travaille en lien avec les municipalités où sont implantés ses sites pour ce qui concerne les nouvelles zones résidentielles prévues et ses propres projets. Cette coopération se traduit par la remise d’évaluations de l’impact sonore aux autorités locales pour tout nouveau projet significatif, en parallèle de la demande de permis de construire.
Le complexe d’accélérateurs du CERN était en exploitation pendant toute la période concernée par ce rapport, et le bruit a globalement été maintenu en deçà des niveaux de référence de 2018. Cependant, certains dépassements ont été rapportés à trois endroits, et des actions correctives ont été prises grâce à une approche de modélisation du bruit. Ces actions sont renforcées par une surveillance continue aux endroits concernés, permettant d’agir sur la base des mesures effectuées en direct.
En 2023-2024, quatre réclamations ont été déposées : trois concernant le bruit produit par des équipements électriques et une concernant le bruit produit par un équipement de refroidissement, du fait de températures extérieures élevées. Pour les trois premières réclamations, des blocs de blindage ont été installés (voir Pour aller plus loin). Concernant la dernière réclamation, une solution de remplacement de l’équipement de refroidissement pendant le prochain long arrêt est à l’étude.
PROGRAMME DE SURVEILLANCE DU BRUIT
Pendant la période concernée par ce rapport, afin d’optimiser encore sa gestion du bruit, l’Organisation a décidé de mettre au point un nouvel outil à intégrer à son cadre de surveillance environnementale. L’objectif est d’instaurer une surveillance acoustique permanente en temps réel grâce à la plateforme REMUS (Radiation and Environment Monitoring Unified Supervision), permettant le déclenchement d’alertes en cas de dépassement des seuils.


OBJECTIFS POUR 2030
La priorité du CERN est de contrôler et réduire l’empreinte sonore liée à ses activités. À l’horizon 2030, il prévoit de réduire les points de forte émission sonore (> 40 dBA) dans les zones résidentielles, en analysant systématiquement l’impact sonore sur l’environnement de la construction de nouvelles infrastructures et des importants travaux de consolidation. En outre, il continuera de surveiller la situation des zones résidentielles situées à ses abords, tout en tenant à jour des cartes de son empreinte sonore et des modèles de bruit en 3D.
POUR ALLER PLUS LOIN
Jordan Minier est ingénieur acousticien au sein de la section Prévention environnementale du groupe Environnement.
— Comment les réclamations liées au bruit sont-elles gérées ?
JM : Lorsque nous recevons une réclamation liée au bruit, ou si nous constatons un dépassement à l’occasion d’une campagne de mesures, nous suivons une procédure par étapes. La première consiste à effectuer un contrôle approfondi pour trouver la source du bruit. Grâce aux données acquises en période d’exploitation du LHC, nous établissons un lien entre les niveaux de bruit élevés et les conditions d’exploitation de certains équipements. Nous caractérisons ensuite les émissions acoustiques de la source et nous élaborons des mesures d’atténuation adaptées et pérennes. Ces mesures sont formulées et mises en œuvre en collaboration avec l’exploitant de l’équipement de manière à réduire le bruit tout en préservant la performance opérationnelle. Leur mise en œuvre dépend aussi des calendriers d’exploitation et d’arrêt des accélérateurs.
— Quels types de situations rencontrez-vous et quelles sont les solutions généralement efficaces ?
JM : Les sources de bruit sont variées : des systèmes de ventilation, des équipements de refroidissement ou encore des équipements électriques. Les solutions efficaces incluent souvent des silencieux ou des écrans acoustiques, atténuant la propagation du bruit. Dans certains cas, nous utilisons des blocs de béton, normalement conçus pour la protection radiologique, mais qui s’avèrent aussi efficaces contre le bruit. Par exemple, pour atténuer le bruit des transformateurs électriques, nous créons une barrière en blocs de béton ; nous évitons ainsi d’avoir à creuser autour des transformateurs haute tension, ce qui peut être dangereux.
— Quelles sont les dernières étapes de gestion d’une réclamation ?
JM : Nous procédons à des tests de conformité pour nous assurer que nous avons atteint un niveau de bruit acceptable. Si le résultat n’est pas satisfaisant, nous recontrôlons le site et reprenons toutes les étapes nécessaires afin de trouver rapidement une solution adaptée. Si les niveaux de bruit sont conformes, nous appliquons des actions préventives, y compris des mesures associées à des systèmes d’alerte, et nous produisons des rapports internes mensuels à des fins de contrôle et de suivi.
