RAYONNEMENTS IONISANTS

Au CERN, les rayonnements ionisants sont dus aux collisions des faisceaux de particules avec la matière. Ils sont aussi produits par les sources radioactives utilisées pour tester et étalonner les équipements afin de sécuriser leur utilisation. Le CERN s’engage à améliorer continuellement ses procédures et ses systèmes pour limiter l’exposition des travailleurs, du public et de l’environnement, ce qui fait de lui une référence en la matière. 

GESTION DES RAYONNEMENTS IONISANTS AU CERN 

Le CERN utilise des systèmes de radioprotection et de sûreté radiologique internationalement reconnus et contribue également à leur mise au point. L’Organisation améliore sans cesse ses procédures visant à limiter le risque d’exposition aux rayonnements et la diffusion de matières radioactives. Elle applique le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable – aussi bas que raisonnablement possible), de la conception au démantèlement des installations, en passant par leur exploitation. 

Le cadre juridique du CERN sur la radioprotection englobe la protection de son personnel, du public et de l’environnement et s’appuie sur la législation des États hôtes, les normes européennes et internationales et les bonnes pratiques en matière de radioprotection et de sûreté radiologique. Un accord tripartite entre l’Organisation et ses États hôtes, en vigueur depuis 2010, offre un cadre juridique transparent et collaboratif aux discussions concernant la sûreté radiologique et la radioprotection au CERN (voir Approche managériale). Dans ce contexte, le CERN remet aux autorités suisses et françaises des rapports trimestriels de surveillance environnementale portant sur les aspects radiologiques et physicochimiques. 


SURVEILLANCE ET PRÉVISIONS 

Le Laboratoire exploite un vaste réseau de détecteurs de rayonnements et de systèmes d’échantillonnage en ligne. En 2024, le programme de surveillance environnementale comptait 131 stations, dont 35 pour le rayonnement diffusé, 60 pour la ventilation et l’eau, 16 pour la surveillance physicochimique et le reste pour l’échantillonnage d’aérosols et la surveillance météorologique. Ce programme est complété par l’utilisation de dosimètres thermoluminescents et la mesure d’échantillons environnementaux. 

L’infrastructure de surveillance environnementale fait partie des systèmes automatisés de contrôle et de sécurité du CERN. Le système REMUS (Radiation and Environmental Monitoring Unified System) permet aux opérateurs d’observer en temps réel les niveaux de rayonnement sur le domaine et de recevoir des alertes en cas d’anomalies.  

Les modèles qu’utilise le CERN pour évaluer les doses susceptibles d’être reçues par la population locale s’appuient sur des modèles et normes largement reconnus. En avril 2023, ces modèles ont été examinés et validés par les autorités des États hôtes ; ils sont aujourd’hui utilisés pour toutes les évaluations de l’impact radiologique du CERN sur l’environnement, y compris les évaluations rétrospectives d’activités actuelles et les études de l’impact prévisionnel de futurs projets.

En outre, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de Suisse et l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR, anciennement ASN) de France installent leurs propres dispositifs de surveillance sur le domaine du CERN afin de contrôler le rayonnement diffusé et la radioactivité environnementale à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre du Laboratoire. Ces contrôles contribuent aux campagnes annuelles de mesure au-delà du périmètre du CERN, en Suisse comme en France.  


IMPACT RADIOLOGIQUE MINIME 

L’impact radiologique du CERN sur la population est très faible. En 2024, la dose effective reçue par toute personne vivant à proximité du Laboratoire était inférieure à 0,01 millisievert (mSv), un niveau plus de 100 fois inférieur à la limite d’exposition du public aux sources réglementées, fixée à 1 mSv par les États hôtes

Au CERN, tous les travailleurs susceptibles d’être exposés à des rayonnements ionisants possèdent un dosimètre personnel mesurant leur exposition. La fréquence d’exposition varie selon que les accélérateurs sont en période d’exploitation ou d’arrêt. Les dispositions et mesures prises par le CERN lui permettent de rester bien en deçà des limites réglementaires de 6 mSv pour les travailleurs exposés à des rayonnements de catégorie B et de 20 mSv pour les travailleurs de catégorie A, conformément aux réglementations suisse et européenne. La majorité des travailleurs exposés à des rayonnements reçoivent une dose nulle (0 mSv).

OBJECTIFS POUR 2030

Malgré un programme de physique toujours plus vaste, l’objectif du CERN à l’horizon 2030 est de maintenir son impact radiologique sur l’environnement à un niveau négligeable en optimisant constamment ses installations et ses activités, afin que les doses potentiellement reçues par le public restent en dessous de 0,02 mSv par an